ICL : Immobilier Catholique de Lille

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**Mais pourquoi l’Université Catholique de Lille a elle aussi fermé les yeux sur le mauvais traitement fait aux salariés qui ont découvert les malversations et le détournement de la subvention régionale ?**

Les liens officieux entre le vice-président sortant du Conseil Régional Pierre de Saintignon, sa compagne Caroline Le Dantec (membre de la Fondation de la Catho et administratrice de l’ISL) et Thérèse Lebrun (ancienne présidente-recteur et actuelle présidente-recteur délégué) ont non seulement servi à faire taire toute contestation légitime mais ils ont aussi servi la politique immobilière de la Catho qui cherche à protéger ses intérêts quitte à fermer les yeux sur les "bidouillages" avec les lois et le cassage en règle des salariés ([voir l’article 2 : Du silence nait la haine ](http://www.osere.eu/2015/07/13/du-silence-nait-la-haine/) et [l’article 5 : Germinal](http://www.osere.eu/2015/10/07/germinal/))

L’immobilier de la Catho est organisé en Société Civile Immobilière (SCI) appartenant aux écoles fédérées à l’Institut Catholique de Lille (ICL) via l’Université Catholique de Lille (UCL ou FUPL). Ces écoles ont le statut juridique d’association Loi 1901 donc sans but lucratif. Elles "possèdent" leurs immeubles sous la forme de SCI.
Dans un article du Point du 7 octobre 2010 ([La Catho bien lotie](http://www.lepoint.fr/villes/la-catho-bien-lotie-07-10-2010-1249298_27.php)), Bruno Maillard, directeur immobilier de l’Université catholique de Lille et membre de la présidence dira : *"Ces SCI portent l’Université Catholique, mais toutes sont détenues par des associations : chaque école a son ou ses bâtiments".*
Dans cet article, nous apprenons que depuis sa création, la Catho a triplé son patrimoine immobilier. Il parait évident et logique que la politique immobilière soit l’une de ses priorités.

L’EFAS était une de ces écoles. L’École de Formation à l’Animation Sociale était réputée pour la qualité de ses formations et pour les valeurs d’Éducation Populaire qu’elle a portées durant de nombreuses années. Elle avait la confiance de la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale dans le lancement national de nouveaux diplômes d’État. Cette reconnaissance était telle que le Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais en plus des financements liés directement aux formations n’hésitera pas à financer l’immeuble qu’elle fera construire au 105 rue d’Artois à Lille. Cet immeuble, pour y avoir travaillé avant l’absorption de l’EFAS par l’Institut Social de Lille Vauban (le nom juridique étant ESSRN, École de Service Social de la Région Nord), était un exemple du genre : un amphithéâtre, une salle de projection, des bureaux individualisés, 2 cafétérias pour les étudiants, des salles de cours fonctionnelles et ajustables et un centre de documentation ouvert aux habitants du quartier... Bref, une bonne base pour des conditions de formation et de travail. L’EFAS, avec les nouvelles politiques de financement des formations du secteur Social, s’est retrouvée dans une situation financière difficile. Le 20 février 2007, les administrateurs dont Thérèse Lebrun (oui oui, elle était aussi membre du C.A. de l’EFAS) décidèrent de l’absorption de l’EFAS par l’ISLV qui se renommera ISL. Le 23 mars de la même année, Bernard Hanicotte, Thérèse Lebrun et Elisabeth Prieur décident de la vente de l’immeuble pour désendetter l’école et préparer son absorption. Le tout précédé par un plan de licenciement économique afin que l’entité soit "saine".

Les dirigeants de la Catho, nous avaient promis que cette absorption nous permettrait de maintenir nos emplois. Notre arrivée à l’ISL fut donc accompagnée de 900 000 €. La mariée était bien dotée. Finalement, on nous avait menti, nous apprendrons plus tard que l’ISLV était elle aussi déficitaire à cause de sa politique salariale affective et du détournement de la subvention régionale et des revenus de sa résidence universitaire Valentine Charrondière (SCI Rue du Port). Quel est l’intérêt de faire fusionner 2 entités déficitaires ? A moins qu’elles ne le soient pas vraiment... Nous découvrirons que les revenus de la SCI allaient principalement vers l’ICL via son Association d’Entraide Universitaire (AEU), équivalent du CROUS de l’Université publique (voir Article 2 [Du silence nait la haine](http://www.osere.eu/2015/07/13/du-silence-nait-la-haine/)). Or dans le compte-rendu du C.A. du 9 avril 2003, nous apprenons que l’équilibre financier sera atteint grâce au versement de 130 000 €, revenus liés aux locations gérées par l’AEU. Il faut préciser que chaque année, ces locations sont pleines. Cette résidence universitaire est située au coin du boulevard Vauban et de la rue du Port au milieu du quartier de la Catho. D’après un calcul fait en 2012, le chiffre d’affaire annuel est de 450 000 €. Certaines années l’ISL ne recevra qu’un bénéfice de 30 000 €. Autant étrange qu’aléatoire ! D’après les rapport du commissaire aux comptes, chaque année, l’ISL devait rendre jusqu’à plus de 170 000 € à sa SCI qui est pourtant censée lui assurer de confortables produits financiers. Elle possède même un compte commun. A quoi servait ce compte commun ? Que sont devenues ces sommes ? La question se pose d’autant plus que cet immeuble est, rappelons le, issu pour moitié des subventions données par le Conseil Régional, l’autre moitié étant le don d’un riche notable local.
On bafoue l’argent public et la mémoire d’un mécène altruiste du travail social...

Pour la petite histoire, les salariés de l’EFAS seront cloisonnés dans leur pôle. Le successeur d’Élisabeth Prieur confirmera qu’il n’y a jamais eu de volonté d’intégrer les salariés de l’EFAS.
Quel était l’objectif réel de cette absorption ?
Voulait-on réellement sauver une école et ses salariés ?
A la vue de ce qui s’est passé par la suite, il est évident que c’est le patrimoine immobilier dont il s’agit.
Ce directeur général claquera la porte du jour au lendemain non sans avoir exprimé son raz-le-bol durant une réunion. Lors de la découverte de l’emploi illégal de Bernard Hanicotte, je l’ai interpellé en lui disant qu’il y avait un cadavre dans le placard de la direction et du C.A. Il me dira "S’il n’y en avait qu’un !"... D’un air déjà blasé et fatigué.
J’en profite ici pour dire qu’il ne faut bien évidemment pas généraliser sur les dirigeants de l’ISL. Certains ont fait montre de probité. En effet, il n’a pas été le seul à ne pas se compromettre et à claquer la porte à ce prestigieux poste. Élisabeth Prieur avait préparé sa succession. La directrice générale adjointe, dont je tairai le nom par respect pour sa décision, s’était préparée depuis de nombreuses années. L’ensemble du personnel fut choqué d’apprendre son départ quelques mois avant sa prise de poste. Elle ne donna aucune raison quant à son départ. Elle nous informa, lors d’une réunion de pôle, qu’elle partait, le tout sans gravité et sans explication. Je comprendrai plus tard qu’à la vue des méthodes et des arrangements avec la loi, elle a "certainement" du découvrir certaines choses lors du tuilage et de la prise de relais.

Mais revenons, à ces salariés dont on ne sait que faire. Une fois absorbée la vente de l’immeuble du 105 rue d’Artois, il fallait les licencier. La première tentative qui fut un échec lança la vente de l’immeuble résidence universitaire de l’ISL. Il était géré par Bernard Hanicotte le salarié illégal... Et oui... Se pose la question du lien entre le silence de Thérèse Lebrun au sujet de sa rémunération illégale et les revenus qui allaient majoritairement à la Catho en lieu et place de l’ISL.
Cette immeuble fut donc céder à l’AEU en septembre 2011 et donc à l’ICL pour 2,6 millions d’euros. Cette arrivée d’argent n’empêcha nullement la casse et le licenciement des salariés. Logiquement, la situation économique devrait être saine. A priori, elle l’est puisque durant ces 2 dernières années, le C.A. va recruter de nouveaux formateurs et de nouvelles secrétaires. L’ISL peut donc voguer sereinement... Hum trop beau pour être vrai. Nous n’en sommes plus à une surprise près (à toi nouveau lecteur, les articles précédents valent le coup d’une lecture attentive)...

J’ai appris très récemment que l’Institut Catholique de Lille via un de ses pôles nommé IU2S (Institut Universitaire de Santé et Social) allait fusionner avec l’ISL. En effet, ils aiment employer le terme de fusion cela fait moins boulimique mais juridiquement et donc dans les faits c’est une fusion-absorption. Plus simplement, l’ICL va avaler l’ESSRN, l’ISL et l’IU2S n’étant que des marques.
Vous devinez ce qui est en train de se passer ? Ce qui s’est passé ? Bon, j’avoue pour le profane de ces sigles ce n’est pas simple. Alors, je vais essayer d’être concis. L’AEU qui dépend directement de l’ICL verse 2,6 millions d’euros pour l’achat de l’immeuble de l’ISL. Ensuite, l’ICL via ses dirigeants qui siègent au C.A. de l’ISL décident de l’absorption. Et ainsi, l’ICL récupère sa mise. Le tout sur le dos du salarié. Allez expliquer au salarié rescapé de toutes ces turpitudes et pensant être enfin à l’abri que tout cela ne se fait que pour son bien.

Les collègues se souviendront des multiples questions que j’ai posées aux dirigeants au sujet d’un éventuel phagocytage de l’ISL par la Catho. A chaque fois, la réponse fut négative. Un ancien collègue me dira qu’évidemment il fallait se débarrasser de nous car après découvert les malversations menées et soutenues par certains dirigeants de l’ICL, nous aurions freiné des quatre fers pour ne pas rejoindre cet entité.

Nous voici donc dans l’envers du décor. Un jeu de Monopoly sur le dos des salariés qui perdure de façon arrogante. Depuis le départ, l’objectif n’a jamais été l’outil de formation, c’est la gestion des biens immobiliers qui prime sur l’humain (voir l’article 3[ A vos risques et périls sociaux](http://www.osere.eu/2015/07/30/a-vos-risques-et-perils-psycho-sociaux/)) Tout en protégeant les amis qui tapaient dans la caisse.

Le lecteur a pu découvrir dans les précédents articles que la pièce centrale de cet imbroglio est Thérèse Lebrun. C’est elle qui, via sa présence dans les C.A. de Citéo et de l’ISL-ESSRN a entretenu le silence et l’inaction contre la souffrance des salariés et les accommodations avec la loi. Dans ces jeux de rachat et vente d’immeubles, Thérèse Lebrun est là encore la pièce maitresse, accompagnée de son bras droit Olivier Tranchant. En effet, il se trouve que lorsque le C.A. a décidé de la vente de l’immeuble à l’AEU, Thérèse Lebrun en était (elle l’est toujours) la présidente et Olivier Tranchant un des administrateurs... :

 ![alt](http://zupimages.net/up/16/01/dss9.png)

Ajoutons à cela que l’absorption de l’ISL, mettra l’école directement sous son autorité puisqu’elle est présidente-recteur délégué en charge de la Santé et du Social (Groupe Hospitalier compris).
Pour résumer, elle décide grâce à sa présence ISL/EFAS de l’absorption de l’EFAS ainsi que de la vente de son immeuble puis avec sa 2eme présence ISL/AEU de la vente de la résidence universitaire à l’AEU et enfin grâce à son autre présence ISL/ICL de l’absorption de l’école vers son pôle Santé Social de l’ICL.
Il est évident que l’on s’en contreficherait de cette omniprésence dans les C.A. des associations du secteur Santé et Social. Mais cela prend un sens tout autre quand on sait qu’elle m’a fait taire, enfin qu’elle a tenté plutôt, lorsque je l’ai alertée au sujet de l’emploi illégal de Bernard Hanicotte, du harcèlement des salariés de l’ISL et des bizarreries de la SCI. Rappelons encore une fois que l’on parle ici d’investissement de l’argent public, celui du contribuable que nous sommes tous.

Se pose encore une fois la question du conflit d’intérêt. Finalement, c’est toute l’Université Catholique de Lille qui mériterait une mise à plat juridique.

Vous les voyez les fils qui dépassent ?

Vous voyez le lien avec Bernard Hanicotte ?

Agnès Vinchon l’actuelle directrice nous a, malencontreusement, appris qu’avant d’être rémunéré par l’école, il l’était par la SCI. Pour faire court : la SCI via **Bernard Hanicotte son gérant** donne la majorité des revenus immobiliers à l’AEU (Thérèse Lebrun). Puis l’ISL reverse illégalement un salaire à Bernard Hanicotte. Échange de bon procédé ?
En tout cas, la découverte de ce réseautage immobilier jette une lumière singulière sur les raisons et la longue durée de la rémunération de Bernard Hanicotte.

Sous l’angle immobilier et à la vue de ces nouvelles informations, se posent plus que jamais les questions suivantes :

- Pourquoi Thérèse Lebrun a imposé le silence et l’inaction contre la rémunération de Bernard Hanicotte ?

- Pourquoi est-il resté président et gérant de la SCI après la médiatisation de son emploi illégal ?

- Pourquoi les dirigeants et personnalités de l’Université Catholique de Lille (Thérèse Lebrun, Olivier Tranchant et Caroline Le Dantec...) qui siégeaient au C.A. de l’ISL n’ont pas demandé le remboursement des salaires ?

- Pourquoi n’ont-ils pas saisi la justice ?

- Pourquoi Pierre De Saintignon compagnon de Caroline Le Dantec qui a clairement été mis devant les faits n’a rien fait ?

- Et surtout, bon sang, pourquoi démolir des salariés qui n’ont cherché qu’à défendre leur outil de travail, leurs emplois et les valeurs que nous sommes tous censés porter ?

L’ultime question qui se pose finalement est :

**Que pense Pierre Giorgini actuel Président-Recteur de tout ça ?**

Lui qui a dit à propos du drame des suicidés de France Télécom : [France Télécom, un drame qui nous concerne tous](http://www.la-croix.com/Actualite/France/France-Telecom-un-drame-qui-nous-concerne-tous-par-Pierre-Giorgini-_NG_-2009-09-28-600482) :

*"Je crois que nous sommes tous condamnés maintenant à réussir cela (fabriquer de la performance collective durable, c’est-à-dire avec humanité), ce qui impose probablement une remise en cause profonde de la notion même de performance économique. Nous devons nous sentir tous impliqués avec responsabilité, que notre inspiration pour conduire cette tâche soit ou non de nature spirituelle. **N’est-il pas simplement temps, dans nos actes quotidiens, nos décisions au jour le jour, d’avoir en tête que l’on est porteur de cette part d’universel et de croire de nouveau en l’homme** ?"*

Comme c’est curieux d’accepter tant de contradictions alors que l’on a développé une si belle réflexion sur la place de l’humain dans la modernité économique...

**Mise à jour 1** : l’article vient tout juste d’être publié que des lecteurs me contactent pour donner des informations pour le moins étonnantes. Les associations et donc les écoles et SCI de la Catho ne respecteraient pas une circulaire ministérielle...

**PS** : J’allais presque oublier de partager avec vous quelques extraits de musique écoutés lors de l’écriture de cet article.

Tout d’abord, **[John Barry](https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Barry_%28compositeur%29)** que vous connaissez obligatoirement puisque c’est l’un des plus grands compositeurs de musique de film, il est ,entre autres, le père des thèmes de James Bond et Mission Impossible. Voici une autre de ces magnifiques compositions le générique de la série The Persuaders (Amicalement votre) :

Ensuite une magnifique reprise du mythique Mad World de Tears For Fears par un certain Gary Jules.

Extrait du texte de circonstance pour le coup :

And I find it kind of funny
I find it kind of sad
The dreams in which I’m dying are the best I’ve ever had
I find it hard to tell you,
I find it hard to take
When people run in circles it’s a very, very
Mad world, mad world

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