La republique toute la republique et rien que la republique

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"Ce matin, un espoir s’est mêlé à cette foutue boule au ventre qui m’accompagne chaque jour dans le trajet qui me mène à l’Institut Social de Lille. Aujourd’hui, avec les collègues, avant d’aller au boulot, nous allons manifester devant le Conseil Régional. Nous allons montrer et dénoncer le calvaire que nous vivons depuis beaucoup trop longtemps. Nous allons manifester notre espoir devant les élus et le personnel de la collectivité qui financent nos emplois." C’est ce que je me disais le mardi 10 décembre 2013. Mais contrairement à ce que je pensais, l’espoir n’était pas au rendez-vous bien au contraire cela devait accélérer les mauvais traitements que nous subissions déjà à l’époque.

Après avoir manifesté devant l’Université Catholique et face à leur irrépressible envie de nous nuire (voir article 3), il était logique de se tourner vers nos élus du Conseil Régional puisque, pour rappel, c’est ce dernier qui finance l’ISL à raison d’1,6 million d’euros par an. La chose fut, dans un premier temps, prise au sérieux. Je fus reçu par une délégation composée entre autres de Camille Kupisz directeur de la Formation Initiale ([organigramme des services du Conseil Régional](https://www.nordpasdecalais.fr/upload/docs/application/pdf/2012-07/organigramme_2012-07-23_13-32-52_709.pdf)).
J’avoue volontiers que ce moment fut très riche en émotion. J’avais face à moi des personnes à l’écoute. Je pouvais enfin dire les maux de notre école. Entre le détournement de la subvention, le bidouillage du dossier de la dite subvention et la souffrance au travail, il y avait matière à entretenir l’attention de ce petit comité d’accueil. Je me souviens que lorsque je citais les noms de Bernard Hanicotte et d’Elisabeth Prieur , les regards se croisaient en sous-entendus. On me promit une suite. J’étais conscient que ma foi envers les représentants du C.R. était teintée de naïveté mais dans les faits, je me disais qu’avec une telle médiatisation et une manifestation devant l’un des Temples de notre République, les choses ne pouvaient qu’aller mieux. Je ne m’imaginais pas qu’en fait je m’adressais aux "mêmes personnes" et que cela intensifierait le harcèlement que je subissais déjà.

Mon entourage qui, comme pour d’autres collègues, vivait lui aussi les mésaventures ISLesques. Certains me disaient leur lassitude. Beaucoup me conseillait. Toujours est-il qu’un ami insista pour que je lise un livre. Mais en quoi, un livre pouvait-il m’aider dans ce qu’il faut dorénavant appeler une lutte. Ce livre c’est **"La Dame des 35 Heures"**, écrit par Philippe Alexandre ([biographie Wikipedia](https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Alexandre)) et Béatrix De l’Aulnoit. Tout le monde aura compris que derrière ce titre c’est bien de Martine Aubry dont il s’agit. Je connaissais Philippe Alexandre le co-animateur avec Christine Ockrent et Serge July d’une émission politique. Il représentait le journalisme de Droite et Serge July celui de Gauche. Un journaliste de Droite qui écrit un livre sur un des éléphants du Parti Socialiste ne m’intéressait pas plus que ça. Mais avec l’insistance mystérieuse de cet ami, je me mettais en tête de lire ce brûlot. Outre le parcours politique de Martine Aubry, il aborde son arrivée à Lille pour prendre la succession de Pierre Mauroy. Toute personne qui suit l’activité politique du Nord, trouvera un intérêt certain à lire ce livre, en ayant un minimum de recul avec ce type de journalisme. Bref, je compris ce mystère en lisant à la page 39 : Pierre De Saintignon cousin du souverainiste de la droite extrême Philippe de Villiers a pour conjointe Caroline Le Dantec... (Extrait du livre (cliquer sur Page écrit en bleu pour dérouler la page) [Extrait La Dame des 35 heures Books.Google](https://books.google.fr/books?id=WaVKP0l_WLMC&pg=PT100&lpg=PT100&dq=pierre+de+saintignon+dame+des+35+heures&source=bl&ots=d_R-cs-aQh&sig=iALhWA5b4ijRfTVP0Z2Vnw_oy_E&hl=fr&sa=X&ved=0CDQQ6AEwAzgKahUKEwi22fCHoZnHAhVD1xQKHSWJDwQ#v=onepage&q=caroline%20le%20dantec&f=false)

Comme vous l’aurez compris, l’information qui nous intéresse n’est pas le lien d’hérédité avec cet homme politique ultra-conservateur à la tolérance plus que limitée mais plutôt que la compagne de Pierre De Saintignon est membre du C.A. de l’Institut Social de Lille !
A ce moment là, en revivant toutes ces péripéties avec cette nouvelle information, beaucoup de questions se sont posées. En voici quelques unes :

*Est-ce que la présence de la compagne du Vice-président du Conseil Régional a nourrit l’impunité des dirigeants de la Catho ?*

*Au risque de décrédibiliser son conjoint, pourquoi Caroline Le Dantec a-t-elle accepté d’intégrer le C.A. de l’ISL sachant que l’affaire Bernard Hanicotte était déjà sortie dans la presse locale ?*

*Quelles sont les liens réels entre Pierre De Saintignon et l’Institut Social de Lille ou plus globalement l’Université Catholique de Lille ?*

*Est ce que Thérèse Lebrun a proposé à Caroline Le Dantec d’intégrer le C.A. de l’ISL afin de se prévenir d’un contrôle et un suivi de la subvention par le Conseil Régional ?*

*Est-ce que la présence de Caroline Le Dantec a poussé le Conseil Régional à fermer les yeux sur la souffrance des salariés de l’ISL et sur le détournement de la subvention régionale vers l’emploi illégal de Bernard Hanicotte ?*

*Pourquoi un élu P.S. soutient indirectement les malversations financières d’un élu U.D.I. ?*

*Et surtout, pourquoi des élus allaient laisser faire l’entreprise de démolition de salariés qui agissaient dans le plus strict respect de la loi ?*

Chacun ici se fera un avis sur ces questions voir il s’en posera d’autres. D’autant plus qu’après quelques recherches, je découvrais un autre lien et pas des moindres. Thérèse Lebrun est l’employeur de Caroline Le Dantec. En effet, elle est membre du conseil d’administration de Citeo/ADEMN dont Mme Le Dantec est directrice générale. ([Déclaration du C.A. de Citeo à la préfecture](http://issuu.com/osere/docs/ca_citeo_th__r__se_lebrun)) Ça vous laisse sans voix...
Nous pouvons aussi nous demander quels sont les liens avec les contrats obtenus par Citéo auprès du Centre Hospitalier Saint-Vincent de Lille ? ( http://www.20minutes.fr/lille/1575319-20150330-lille-mediateurs-calmer-jeu-hopital-saint-vincent ) Le silence n’empêche pas les affaires entre la Catho et la compagne de Pierre De Saintignon.

Avons-nous affaire à un conflit d’intérêt ? Je ne m’hasarderai pas à y répondre seule la justice pourrait conclure à cela. Mais avouons le, la question se pose largement. En tout cas, le Conseil Régional et plus particulièrement son Vice-président n’ont pas défendu l’intérêt général, celui de l’argent du contribuable que nous sommes tous.

Face à ces liens qui ne respectent en rien l’éthique et la démocratie, quelles étaient nos chances d’être défendu par nos élus ?
C’est le pot de fer contre le pot de terre ? David contre Goliath ? A la différence près, ce dont je vous parle ne relève pas de la mythologie ou de la légende mais il s’agit de faits qui relèvent de l’actualité brulante, d’une réelle entorse à notre République qui interdit la maltraitance et qui revendique le respect de la dignité de la personne. Cela commençait à faire beaucoup, beaucoup trop.

Une fois ces informations digérées et intégrées soit 6 mois après la manifestation devant le C.R. je pris la décision de rappeler Camille Kupisz afin de connaître les suites de notre rencontre. Et là, devinez quoi ? Bah rien, wallou, nada, keutch encore et toujours ce SILENCE. Ce SILENCE qui userait n’importe qui. Heureusement, le soutien de collègues continua à faire son œuvre, il fallait utiliser tous les moyens pour casser ce silence, ce bâillon que l’on nous a imposé.

Le 4 juin 2014, je décidais donc d’envoyer un courrier recommandé à Camille Kupisz avec en copie, Pierre De Saintignon, Daniel Percheron le président du Conseil Régional et Jean Haja un élu qui siège à la Commission Formation. Il nous a apporté un soutien en demandant à Pierre De Saintignon de nous rencontrer. Dans un premier temps, ce dernier refusera et préférera rencontrer le C.A. de l’ISL et donc son épouse... ([lien vers le courrier recommandé](http://issuu.com/osere/docs/lrar_cr__01))

La réponse fut très rapide, le 18 juin, Pierre De Saintignon me proposa de le rencontrer ([Lien vers le document](http://issuu.com/osere/docs/invitation_rdv_saintignon_cr))
C’est ainsi que finalement, avec mon collègue je rencontrais Pierre De Saintignon, Camille Kupisz et Martine Pavot directrice des Services Éducation et Jeunesse ([organigramme des services du Conseil Régional](https://www.nordpasdecalais.fr/upload/docs/application/pdf/2012-07/organigramme_2012-07-23_13-32-52_709.pdf))

Une fois la palabre politicienne passée durant laquelle Pierre De Saintignon insista sur son parcours (issu du monde social et de la base) et sa posture d’homme de dialogue, nous avons pu lui poser les questions qui nous taraudent depuis trop longtemps. Ce qui suit va vous paraitre surréaliste et pourtant ce sont les réponses que nous avons eues. Au sujet du silence du Conseil Régional, il nous a répondu ne pas être au courant de cette affaire. Je lui ai rappelé les 2 articles de presse, il me répondit qu’il ne lit pas la presse et qu’il se méfie des journalistes. OK, admettons cette réponse quelque peu surprenante. Je lui ai posé la question fatidique "Votre compagne ne vous a pas informé ?". "Je ne parle pas boulot avec ma femme" Je vous laisse supposer ce que la raison dictera à toute personne sensée. Personnellement, plus rien ne m’étonnait. Quant à Camille Kupisz qui paraissait un tant soit peu stressé, il trouva normal de ne pas répondre sur les suites de notre rencontre. Il est important ici de rappeler que notre pays s’est doté dès la Révolution d’un droit pour le citoyen d’être informé de l’utilisation de l’impôt clé de voûte de la solidarité qui a construit et civilisé la France ([Article 14 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ](http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du-Citoyen-de-1789)). Sa réponse fut quelque peu décalée vu la teneur des affaires de l’ISL et de la souffrance des salariés citoyens. Bref je leur ai rappelé le fameux [article 40 du code de procédure pénale](http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006574933&cidTexte=LEGITEXT000006071154) qui les oblige, de part leurs fonctions et mandats à saisir la justice en cas de découverte d’un délit. Logiquement suite aux deux articles, le Conseil Régional aurait du diligenter via ses services une enquête. Il aurait découvert ce que les journalistes savaient déjà sur l’utilisation de la subvention régionale vers la rémunération illégale de Bernard Hanicotte.
Face au listing de tous les dysfonctionnements de l’ISL, ils nous proposèrent un audit externe. Un questionnaire serait envoyé à l’ISL. L’audit se ferait en fonction des réponses de l’ISL et si bien sur elles s’avèrent "insuffisantes". Je n’avais aucun souci la dessus, les preuves étaient là, disponibles à qui le veut réellement (voir article 2). On me promettait même de me tenir au courant des conclusions de cet audit qui lui même serait rendu public.

En octobre 2014, soit 3 mois après le rendez-vous avec Pierre De Saintignon, j’envoyais un courrier pour connaitre les suites de ses questions et de ce fameux audit.
Et là que se passe-t-il ? Bah rien, wallou etc... On commence à connaitre la chanson... Plus de nouvelles, ni audit, ni réponse au coup de téléphone. ([Dernier courrier recommandé envoyé au C.R.](http://issuu.com/osere/docs/lrar_cr_02)). Mais quelles questions ont été posées pour que ce projet d’audit avorte dans l’œuf ?

La question que l’on pourrait se poser ici et de savoir si ces institutions n’ont pas cherché à gagner du temps et ainsi compter sur une éventuelle prescription salvatrice (3 ans) ? Cependant, aux regards de certains dossiers, il est toujours possible pour le Conseil Régional de saisir le procureur de la République. Un des dossiers qui ne profite pas de cette prescription,est le montage illégal de la dernière demande de subvention signée par Bernard Hanicotte, l’ISL a reçu il y a moins de 3 ans la subvention issue de cette demande.

Nous n’étions pas dupes encore une fois. La condescendance et le mépris camouflé étaient là pour confirmer ce que nous aurions du comprendre depuis le début. Malgré toutes ces démarches, rien n’a bougé, l’immobilisme totale. Les grèves, les LRAR, les manifestations, les articles de presse, tout ce que peuvent faire des salariés pour sauvegarder leurs emplois et leur santé mentale n’aura eu le moindre effet sur ces notables d’un autre temps. Ce réseau ne fonctionnait pas pour le peuple (au sens républicain et historiquement français, il faut le préciser), il fonctionnait pour des intérêts qui sont à l’opposé des fondamentaux de notre République et d’une institution aussi incontournable que le Conseil Régional.
Où est le dialogue d’un représentant du peuple ? Où est l’empathie tant invoquée par Pierre De Saintignon. A l’évidence, il apparait que tous ces interlocuteurs ont toujours eu la possibilité d’agir, tant pour protéger des salariés en souffrance et des lanceurs d’alerte que pour faire valoir leur rôle de citoyens représentant du peuple.

Au lieu de cela, nous avons eu le silence...

**PS** : Le moral étant toujours là, l’article a été tapé en écoutant Parachute doré d’Alain Souchon. Les textes de cette chanson ont un certain écho avec ce qu’ont vécu votre serviteur et ses collègues. Je me suis dis qu’il serait pertinent de le partager avec vous. En ces temps de dirigeants irrespectueux qui œuvrent pour le déshumanisme contemporain :

**PS2** : Dorénavant vous pouvez prendre contact avec moi via le Twitter qui se trouve dans le Menu du blog en haut à droite. Je vous conseille d’utiliser l’envoi de message privé.

**Mise à jour 1** : Déjà des retours dont une question pertinente : "Pierre de Saintignon se présente pour la présidence du Conseil Régional, n’y a-t-il pas un risque de récupération ?" Ma réponse est simple : je ne suis pas un perdreau de l’année, je suis conscient du contexte dans lequel se fait ce blog. Il est important de souligner ici que nous n’avons pas choisi la date pour faire ce blog. Le dernier épisode du harcèlement fut mon licenciement par l’ISL en avril dernier (j’aborderai la partie prudhommale qui vaut elle aussi le détour dans un prochain article), il y a 5 mois. Ce blog suit logiquement la temporalité des évènements que nous subissons. Ces évènements sont rythmés par les décisions de l’ISL, de l’Université Catholique de Lille et donc Pierre de Saintignon et sa compagne Caroline Le Dantec via leur soutien sans faille.
Soutenir l’insoutenable, alors qu’une grosse échéance politique arrive, impose d’en assumer les conséquences. Je pense que nous avons assez alerté les protagonistes qui auront tiré sur la corde jusqu’à cette période. Comme disent Alain Souchon et Laurent Voulzy dans une chanson de leur dernier album (j’écoute souvent Souchon quand j’écris sur le blog...) dont le texte peut aussi être une réponse à cette question, ils n’ont pas pris garde aux conséquences ou alors tout simplement ils pensaient que nous n’avions plus l’énergie pour nous battre. Eux seules peuvent y répondre. Bref voici l’extrait du texte et la chanson :

*Oh prenez garde à ceux qui n’ont rien
Chante chante un petit oiseau malin
Qui monte au ciel, qui plane et qui pique
Au-dessus des royaumes et des républiques*

*L’oiseau malin regarde et voit
Les monarques et leurs secrets
Qui lancent dans les palais d’état
Les ordonnances et les décrets
Masters and servants
De leurs salons protégés
N’entendent pas l’oiseau qui chante
N’entendent pas l’oiseau chanter
Pressentant comme un danger*

**Mise à jour 2** : Ce texte suscite beaucoup de questions pour lesquelles je ne peux répondre ici directement, je vous demanderai donc de patienter car certaines réponses seront dans les prochains articles dont la partie prudhommale ou encore la partie du lancement d’alerte...

**Mise à jour 3** : Un lecteur plein d’empathie (merci) a fait une remarque pertinente : "J’attends impatiemment votre texte sur le salarié lanceur d’alerte, nous sommes beaucoup à voir des malversations dans notre lieu de travail et à se taire par peur de l’avenir. Cela nous place dans une situation très difficile : perdre son travail ou le garder dans un silence complice. Cela demanderait un soutien et une stratégie pour garder son emploi tout en remplissant notre devoir de citoyen"

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