Liaisons dangereuses dans les transports en commun de la MEL

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Mais que se passe-t-il à la **MEL** (Métropole Européenne de Lille) ? Notre communauté urbaine est devenue un lieu d’intrigues. Le 13 juillet dernier, Médiacités, nouveau média local d’investigation nous informait de "l’incroyable bévue de la Métropole" .

L’attribution de la concession des transports dont les deux prétendants sont Transdev et Keolis vit pour le moins un scénario rocambolesque. Des techniciens se seraient mêlé les pinceaux dans la communication de pièces aux deux parties. Transdev aurait reçu l’offre de Keolis et inversement… Perturbant ainsi gravement la régularité de la procédure. Non vous ne rêvez pas, ce marché public de plus de 2 milliards est géré d’une façon pour le moins ambiguë.

Après l’affaire du Grand Stade, avons nous droit encore une fois à un énième bidouillage local ?

Ces derniers mois, nous avons reçu énormément de signalements de la part de lanceurs d’alerte fatigués de voir l’argent public attribué à un microcosme qui se tient et se soutient en dépit des règles démocratiques et de l’éthique. Nous reviendrons bien évidemment sur ces signalements que nous avons relayés aux institutions publiques victimes de ces pratiques.

Quelques signalements dénoncent le rôle qu’ont certains techniciens qui officient au-delà de leurs prérogatives en canalisant ainsi l’argent public pour leurs réseaux et amis. Il est vrai que la lutte pour l’amélioration de la Vie Publique et pour sa Transparence vise clairement nos élus.

Mais il est plus que temps que l’on se penche sur les techniciens et leur pouvoir officieux. Dans cette affaire des clés USB, soit l’erreur est réelle et se pose la question de leur compétence à gérer notre argent public soit l’erreur n’en est pas une et se pose la question judiciaire. Dans tous les cas, les faits sont d’une telle gravité qu’une enquête devraient être lancée afin de démêler le vrai du faux. Soulignons ici que ce problème ne touche pas que la MEL mais aussi le Conseil Régional.

La Chambre Régionale des Comptes avait pointé le fait que Kéolis avait été incité à "travailler" avec Citéo et Vitamine T/Mediapôle (voir article 10 - Citéo, Mediapole : Médiation et Monopole ). A l’époque, personne n’avait fait le lien entre Pierre de Saintignon, sa compagne Caroline Le Dantec et les deux associations qu’ils dirigent. Dans la nouvelle attribution, l’évidence voudrait qu’on tienne compte de ce bidouillage très éloigné de la légalité et de la transparence. Nous verrons bien ce qu’il en adviendra mais une chose est sure, tout cela est très très mal parti…

Et là vous vous dites "Mais que vient faire Euratechnologies la dedans ?"
Pierre de Saintignon s’affaire comme jamais dans un lobbying pour Transdev. L’objectif est bien évidemment de maintenir l’activité de médiation pour son association et celle de sa compagne. Mais pas que... Notre tonitruant élu local est aussi président d’Euratechnologies. Étonnamment, il a fait conclure une convention entre Transdev et Euratech…

lien vers le partenariat :

Mais pourquoi mêler un incubateur de startups à l’un des prétendants de nos transports en commun ? La raison en est simple : ça va licencier ! L’attribution du marché va entrainer un plan de licenciement d’une grosse partie du personnel. Les futurs chômeurs pourront créer leur startup et être incuber. Il est évident que cela ne s’adressera à très peu de personnes et rares seront celle qui pourront ou auront les capacités à créer leur entreprise et leur emploi dans les domaines du numérique. Ce projet semble donc vide. Aussi, il est curieux qu’un élu et président d’une association de médiation sociale soit pour une solution aussi radicale envers les emplois locaux.

L’intérêt, vous l’aurez compris, est ailleurs. Cela permet de diriger beaucoup d’argent à de Saintignon via sa présidence d’Euratechnologies. Il est important de rappeler que les membres du C.A. ont des jetons de présence et sont donc rémunérés. Parmi eux, Xavier Bertrand président du Conseil Régional des Hauts-de-France y siège depuis le changement de statut en Société Anonyme d’Economie Mixte Locale.
Cumulard et omniprésent dans les affaires économiques locales, Pierre de Saintignon fait le grand écart pour protéger ses intérêts personnels au détriment de ceux qui l’ont élu.

Ce n’est pas tout. Damien Castelain le président de la MEL voudrait un tramway pour la futur ligne Lesquin/Gare de Lille, alors que Pierre de Saintignon vend à qui veut un projet de téléphérique avec l’assentiment de Martine Aubry. Ceci est bien curieux, les coûts de construction entre les deux projets diffèrent énormément. L’un doit passer par la construction d’une gare dédiée et filage électrique alors que l’autre demande un agencement de voies déjà réalisées.
Encore une fois, nous sommes en droit de nous demander si la priorité est la bonne gestion de l’argent du contribuable dans le but de créer de l’emploi ou le maintien des acquis de caste…

Entre le silence sur le détournement de la subvention du Conseil Régional, les conflits d’intérêts, les pressions pour s’imposer sans passer par les appels d’offre, on peut légitimement se demander :

Pourquoi Pierre de Saintignon jouit d’une telle impunité d’action.

Que font les autres élus pour calmer ces ardeurs ?

Combien ce report dans l’attribution de la concession va couter à la MEL ?

Où en est l’audit sur Euratechnologies demandé par quelques élus de la MEL ?

Pourquoi c’est au lanceurs d’alerte qu’il incombe d’informer sur ce manque flagrant de transparence sur des sociétés et marché publics ?

Et surtout pourquoi Transdev se laisse aller à collaborer avec Pierre de Saintignon ?

Nous aurons un début de réponse très prochainement. A suivre.

Mise à jour du 21 septembre 2017  :

Quelques personnes bien attentionnées se sont posé la question de la légalité de la publication de la convention entre Transdev et Euratechnologies. Il était fondamental de le publier pour démontrer les liens entre Pierre de Saintignon et Transdev qui s’affaire dans un lobbying avec ou contre (selon) les élus. La directive européenne (améliorable...) sur le secret des affaires protège les lanceurs d’alertes : La communication de documents internes d’une entreprise est interdite sauf :

"Pour révéler une faute, un comportement inapproprié ou une activité illégale, à condition que [la personne qui commet l’infraction] ait agi dans le but de protéger l’intérêt public général."

Je pense que tout le monde aura compris que c’est de l’intérêt général dont il s’agit ici.

PS : Comme vous avez pu le constater, le blog est en cours de migration. Nous avons opté pour du 100% libre, en l’occurrence une plateforme SPIP. Du coup quelques bugs de texte et d’affichage ont encore présents. Merci pour votre patience, nous corrigerons cela au fur et à mesure.

PS Musical : Cet article a été écrit en écoutant Trisomie 21, voici un extrait de leur dernier album qui ne va pas tarder à sortir : Alice.

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