Résumé, point d’étape et précisions

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**Après 9 mois d’existence et à la demande de lecteurs, un résumé et un point d’étape sur nos situations est nécessaire. J’y ajouterai quelques informations diverses.**

Tout d’abord, merci ! Merci à toutes les personnes qui nous ont soutenu et continuent de le faire, que ce soit sur les réseaux sociaux ou ailleurs. Certains sont de bons conseils, d’autres simplement et efficacement empathiques. C’est moralement énergisant. Quelques uns m’ont parlé de leur combat pour leur dignité de salarié en peine. Lorsque ce blog aura fini sa mission d’alerte citoyenne, il parlera, pourquoi pas, des autres affaires, locales elles aussi. Malheureusement nous ne sommes pas les seuls à supporter le lourd fardeau de l’irrespect des règles humaines.

Ces soutiens sont très importants, ils participent à la résilience de ce que nous avons subi.

Le résumé en quelques questions et le point d’étape.

**1) Qui est derrière ce blog ?**

Unique rédacteur, je suis un délégué syndical qui a découvert des malversations financières suite à un contrôle de l’Inspection du Travail et l’obligation pour l’employeur d’enfin mettre en place un registre unique du personnel. Ce document révélera l’emploi fictif du président de l’école. Ce dernier voulait dans le même temps imposer un plan de licenciement économique. Avec quelques collègues, nous avons tiré le fil et avons découvert entre autres un détournement de la subvention du Conseil Régional. Les dirigeants mettront tout en œuvre pour nous discréditer et nous mettre hors course. Une personne m’a demandé pourquoi je ne mettais pas ma véritable identité. Mon nom apparait clairement dans le blog dans un document joint. Je ne cherche pas à le cacher mais je souhaitais que le lecteur le découvre après avoir compris au maximum le contexte et les raisons de ma démarche. D’ailleurs mon nom importe peu face à ce que je dénonce.

Je suis accompagné par deux anciens collègues :

- une cadre formatrice, déléguée du personnel avant moi, qui a participé à la mise en place des institutions représentatives du personnel de l’ISL. Elle aura aussi contribué à l’amélioration des conditions de travail. Elle me donnera le relais via un tuilage. Elle a été licenciée pour inaptitude au poste suite à la détérioration de ses conditions de travail conséquence directe d’un management pathogène et d’une surcharge de travail. C’est à mettre en lien avec son soutien non dissimulé à notre action de restauration du droit du travail et à la dénonciation des malversations financières. Elle est, deux ans après son licenciement, toujours en arrêt maladie avec un suivi médicalisé.

- un directeur de pôle qui n’a jamais accepté d’être bafoué dans ses droits. Il a été un soutien contre les malversations des dirigeants de l’ISL. Étant mon supérieur hiérarchique, il lui a été reproché de ne pas avoir fait ce qu’il fallait contre moi. Les dirigeants de l’ISL l’accuseront de laxisme à mon encontre. Il a été licencié de façon brutale après s’être vu proposer une rupture conventionnelle [Voir article 8](http://www.osere.eu/2016/03/09/ms/).

Pour expliquer notre positionnement qui fut pacifique dès le départ, je citerai Henri Vacquin sociologue et médiateur réputé des conflits sociaux, dans son rapport remis aux dirigeants de l’ISL et de l’Université Catholique de Lille :

*"les salariés de l’ISL, ont fait preuve de patience face aux flagrantes entorses au droit du travail et à leur dignité"*

En effet, nous aurions pu agir de façon légitime dès le début. Nous avons fait preuve de diplomatie afin de ne pas faire péricliter notre outil de travail. Henri Vacquin dira dans le rapport final que je n’ai fait que mon travail et assuré mes missions de représentant du personnel, le tout sans zèle ni violence. Et oui, nous ne sommes pas des "syndicalistes sanguinaires le couteau entre les dents".

Ce rapport, commandité par les dirigeants de la Catho, ne nous sera jamais remis. Et ce n’est pas faute de l’avoir demandé. Lors d’une réunion délégués du personnel/direction, les dirigeants nous confirmeront que ce rapport leur a été remis mais qu’il était hors de question de le communiquer aux salariés en dehors d’une restitution orale que nous serons nombreux à enregistrer...

**2) Où en êtes vous de la procédure prud’homale ?**

Cette question nous a été posée plusieurs fois. Je pense que nous pouvons parler dans le blog, puisque les dirigeants de l’ISL ont ajouté des extraits du blog comme pièces dans leur dossier. Ces extraits ont été ajoutés hors de leur contexte en omettant par exemple le 1er article ou encore le 5eme qui décrit le harcèlement et les mensonges des dirigeants de la Catho et de l’ISL à mon encontre. Ce blog n’a jamais été fait dans l’optique d’être utilisé dans une quelconque procédure prud’homale. Comme dit en préambule, il a été fait pour alerter sur le silence autour du détournement d’une subvention publique et son impact sur des salariés. Cette omission avait pour but de me diaboliser.
Les dirigeants de l’ISL ont toujours voulu que je passe aux yeux de mes collègues pour un radical extrémiste qui fait feu de tout bois, qui emploie tous les moyens pour nuire à son employeur. Que dire ?

Alerter et employer les moyens légaux (Inspection du Travail, Médecine du Travail etc...) pour défendre la santé mentale de ses collègues alors qu’on les représente est intellectuellement malhonnête ?

Demander à son employeur de respecter les fondamentaux du droit du travail relèverait d’un radicalisme aveugle et déraisonné ?

Alerter un financeur publique sur le détournement de l’argent public quand dans le même temps, les responsables veulent licencier des salariés qui ont toujours fait leur travail de façon consciencieuse serait un manque flagrant d’éthique ?

Je pense que c’est surtout une réaction logique. Quand on veut défendre l’indéfendable, on ne s’attaque pas aux faits mais plutôt aux personnes.
Comme dit le proverbe populaire : "Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage"

Tout ce que je peux vous dire c’est que la procédure poursuit son chemin.

**3) Avez vu eu des réactions de la part des dirigeants de la Catho et de la direction de l’ISL ?**

Tout d’abord, ces dirigeants ont toujours été prévenus de la parution de ces articles. Il est important de rappeler ici que j’ai toujours informé ces personnes à chaque étape et ce avant même l’existence de ce blog. Dernièrement je leur ai même proposé un droit de réponse. Je n’ai reçu aucune réponse de leur part.

**4) Pourquoi les salariés de l’ISL n’ont pas agit collectivement contre ce qu’ils ont subit ?**

Les salariés ont agi collectivement. Ils ont voté, à leur initiative et à l’écrasante majorité une grève et une manifestation sans précédent devant la Catho puis devant le Conseil Régional. Ils ont su démontrer leur volonté de se faire respecter. Mais après un travail de sape et la peur du licenciement, la dynamique s’est essoufflée. Il ne faut pas les juger, on fait ce qu’on peut avec ce que l’on subit. L’employeur véreux en détournant l’utilisation des moyens de l’entreprise sait attiser la discorde et user du chantage à l’emploi afin d’isoler les représentants syndicaux. En mettant en place des conditions de travail déplorables, il sait que le temps jouera en sa faveur. C’est ce qu’il s’est passé : en 5 ans, il y a eu un turn-over de plus de 25 personnes, ce qui est énorme pour une entreprise de moins de 40 salariés.

**5) Il y a de nouveaux élus au Conseil Régional, que comptez-vous faire ?**

Ils sont certainement déjà au courant de cette affaire. Les services du Conseil Régional qui étaient censés lancer l’audit de l’ISL ont du alerter les nouveaux élus. Cela ne fait que 2 mois que la nouvelle présidence est arrivée, laissons lui le temps d’intégrer les dossiers...

**6) Où en êtes vous tous tant au niveau de la santé que de votre avenir professionnel ?**

Comme mes anciens collègues, j’attends que la justice prud’homale reconnaisse les atteintes à la santé mentale et au droit du travail. A partir de ce moment là, nous pourrons clore cet épisode et penser à l’avenir. Vue la brutalité et les méthodes de notre ancien employeur, il est difficile de tourner la page tant qu’une juridiction n’a pas reconnu l’injustice qui nous a été imposée.

**7) Une fois que tout sera dit dans votre blog qu’aller vous faire ?**

Le blog a encore beaucoup de chose à raconter tant au niveau des infos que du quotidien digne des entreprises paternalistes du 19eme siècle. Les derniers articles n’étaient pas prévus au départ. Qui sait ce que révélera la suite... ?
J’espère sincèrement qu’un jour je n’aurai plus rien à raconter sur cet épisode éprouvant.

**8) Pourquoi Pierre Giorgini (actuel président-recteur), avec son expérience dans de grandes sociétés n’a pas mieux appréhendé cette affaire ?**

Très bonne question ! Lorsqu’il a missionné Henri Vacquin, j’ai eu l’espoir qu’enfin cessent ces turpitudes. Mais rien n’y a fait. J’ai même demandé à le rencontrer. Il dira à Henri Vacquin qu’il ne veut pas shunter le président de l’ISL, Olivier Tranchant. Finalement il laissera faire le cassage des salariés et les licenciements abusifs. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mais je me demande si finalement, nous n’étions pas que la face émergée de l’iceberg. La question se pose d’autant plus que rien n’a été fait contre Bernard Hanicotte. Un ami me dira : "Il se peut qu’il les tienne...". Je ne désespère pas d’en savoir plus. Ce blog a libéré la parole de beaucoup de personnes. Ça bouge...

**10) Pourquoi le procureur de la République n’a pas été saisi après les articles de presse qui ont mis au jour l’affaire Bernard Hanicotte ?**

Je n’en ai pas la réponse. Les élus du Conseil Régional et les responsables des services auraient pu/du le saisir comme le stipule [l’article 40](https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006574933&cidTexte=LEGITEXT000006071154) du Code de procédure pénale.

**11) Où en est votre vade-mecum du salarié lanceur d’alerte ?**

J’avais cette idée en tête car au delà de l’alerte, je souhaitais que ce blog serve aussi à d’autres salariés. Un retour d’expérience. Mais cela ne servirait à rien d’en faire un alors qu’il y a mieux ailleurs. Voici donc quelques conseils assez basiques mais fondamentaux ainsi que quelques liens.

Lorsque qu’un salarié découvre une malversation qui relève du droit pénal, il est moralement et légalement responsable. Il se doit donc de trouver assistance et témoins légaux de sa découverte, ne jamais rester seul. Pour ce faire, il est essentiel de saisir l’Inspection du Travail et son syndicat. Oui, sans faire de prosélytisme pour tel ou tel syndicat, il faut se syndiquer, que l’on soit cadre ou employé. Le choix d’un syndicat n’est pas chose aisé, on peut choisir le majoritaire dans l’entreprise ou dans la branche.
Il n’y a pas de mauvais syndicat, en revanche, leurs référents ne se valent pas tous. Dans le cas d’un lanceur d’alerte ce n’est pas l’idéologie qui prime mais le soutien humain direct. Je ne parle pas ici des positionnements de leurs dirigeants au niveau national mais des personnes investies sur le terrain qui vont vous écouter, vous aiguiller et s’impliquer. C’est essentiel pour le long terme.
Autre évidence mais c’est toujours bien de le rappeler, le Droit. Le salarié qui veut alerter doit se mettre en veille juridique. C’est ainsi que j’ai découvert l’[Article L1161-1](https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006900837&cidTexte=LEGITEXT000006072050) du Code du travail qui protège le salarié de toutes représailles contre son contrat de travail. Cela évite de ne pas se tromper de combat et surtout de ne pas faire d’erreur. Nous vivons à l’apogée de la communication, les ressources juridiques sont nombreuses mais demande du temps et de la réflexion.
Ensuite, il est possible de contacter les associations citoyennes qui luttent contre la corruption comme [Anticor](http://www.anticor.org) ou [Transparency International France](http://www.transparency-france.org/).
Je me permets ici une analyse à la quelle beaucoup souscrivent : un employeur ou un dirigeant qui manœuvre illégalement en détournant l’activité de l’entreprise met en danger la stabilité financière et l’emploi. Si le Droit Pénal ne lui fait pas peur, le Droit du travail encore moins. Il est donc primordiale d’alerter non-seulement pour défendre l’outil de travail mais aussi les conditions de travail. Dans notre cas, l’employeur était dans une insolente surpuissance du fait de son réseau politique et financier. Il a été jusqu’au-boutiste. Rien ne l’a freiné. Mais d’après certains échos, nous serions un cas d’école... Bref agir, c’est s’assurer qu’à long terme l’emploi sera préservé et/ou que votre santé mentale sera épargnée.
Voici enfin quelques liens utiles :

- http://www.anticor.org/outils-citoyens/ des outils qui peuvent aider

- http://www.agircontrelacorruption.fr/wp-content/uploads/2014/12/GP-a%CC%80-lusage-du-lanceur-dalerte-franc%CC%A7ais-v.5_pages.pdf un guide complet fait par Transparence International

- L’association Sherpa qui oeuvre aussi dans le même domaine http://www.asso-sherpa.org

**12) Pourquoi des extraits musicaux accompagnent les articles ?**

La musique a parfois des vertus insoupçonnées. Elle permet de se couper parfois de la réalité ou de s’isoler pour l’écriture. Parfois, elle renforce et inspire. Elle m’est indispensable. Elle est la compagne de tous les instants d’une vie. Elle est parfois le rituel qui manque à notre monde moderne.
Je partage donc mes listes musicales pour échanger culturellement avec le lecteur. C’est un accessoire de lien social.

**PS :** Cet article a été écrit en écoutant entre autres :

**Cocteaux Twins - Lorelei** Un des plus beaux morceaux des [Cocteau Twins](https://fr.wikipedia.org/wiki/Cocteau_Twins). Ce groupe précurseur de la dream pop gothic est aussi connu pour la voix magnifique d’[Elisabeth Fraser](https://fr.wikipedia.org/wiki/Elizabeth_Fraser).

**David Bowie - Heroes** Plus que jamais présent, une icône aux multiples facettes. Avant-gardiste et indémodable.

**Dead Can Dance - Rakim** Si je ne devais prendre qu’une seule discographie, ce serait celle de [Dead Can Dance](https://fr.wikipedia.org/wiki/Dead_Can_Dance). Une musique unique aux références ethniques, historiques et poétiques, ils ont su mêler Orient, Moyen-Age et DarkWave. Le résultat est cohérent, abouti et spirituel.

**Dead Can Dance - Nierkia**

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